samedi 19 juillet 2008

La planète des singes (Pierre Boulle)

Voilà un livre qui m'a agréablement surpris puisque j'ai débuté sa lecture sans forcément en attendre grand chose.

Si il s'agit d'un livre de SF, on peut aussi le rapprocher des comte et récits fantastiques qui amènent leurs personnages dans des univers décalés, bien que presque toujours miroirs du monde connu. Je le rapproche notamment de l'oeuvre de Jonathan Swift : Les voyages de Gulliver.

Effectivement, ici aussi le héros est un voyageur se retrouvant dans un monde parallèle à celui qu'il a quitté, les singes de Boulle étant comparables aux lilliputiens de Swift.

Le point fort du roman tient à l'efficacité avec laquelle l'auteur arrive à nous faire nous identifier au héros. Ceci nous permet de « vivre » à travers lui, et avec une grande justesse toute l'ambiguïté de sa situation, se retrouvant sur une planète où l'être humain est réduit à l'état animal quand ce sont les singes qui sont les sujets conscients. A travers cette expérience imaginaire, on touche au problème de la conscience qu'on imagine instinctivement comme une caractéristique propre à l'être humain, puisque justement le siège de son « humanité ».

Mais comme dans les mondes parcourus par Gulliver, la civilisation simienne sert aussi de miroir à la civilisation humaine dont on retrouve certains travers.

Là où à mon avis l'auteur devient moins pertinent, c'est lorsqu'il essaye d'élaborer une théorie de l'évolution visant à créer un lien de filiation entre l'espèce humaine et l'espace simienne. Cette théorie m'apparaît comme fumeuse et n'apportant rien au récit, une simple évolution parallèle des deux espèces aurait été plus crédible et aurait suffit à créer cette situation de décalage entre les 2 mondes.

1 commentaires:

Prane a dit…

Pierre Boulle veut amener le lecteur à réfléchir sur sa propre condition.L'aptitude à réfléchir fait d'Ulysse un être supérieur mais il est angoissé face à sa propre image que lui renvoit les singes -effet miroir- de la cruauté humaine.Pierre critique la vanité et la prétention humaines en voulant ramener l'homme à plus d'humilité.

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