D'habitude ce genre de 'récits réels' n'est pas trop ma tasses de thé et celui-là est arrivé je ne sais trop comment dans ma bibliothèque. Enfin , le voilà lu...Ce récit d'un marin polynésien ayant dérivé en mer pendant plusieurs mois du fait d'une panne mécanique de son embarcation n'est néanmoins pas complètement dénué d'intérêt.
Ce qui est saisissant si on en croit le texte, c'est la foi qui anime cette personne durant tout son périple.
On a ici à faire à un bel exemple d'"amor fati" dans sa forme la plus positive, puisque cet abandon bienheureux à son destin (pourtant tragique) ne signifie pas pour autant résignation. L'individu met tout en oeuvre pour s'en sortir mais accepte néanmoins les limites de son pouvoir sur son devenir.
Dommage que cela soit justifié dans son discours par sa croyance en un Dieu qui serait partie prenante de son aventure...
On peut aussi déplorer ses discours nostalgiques sur l'époque passée, car si sa critique acerbe de la société actuelle est justifiée, il serait préférable d'imaginer de nouvelles évolutions, plutôt que de pleurer sur la tombe du prétendu "bon vieux temps".
Mais voilà nous n'avons pas à faire à un roman ou encore à quelconque essai, et ce n'est pas un auteur ou un penseur que je juge ici mais un individu et qui suis-je pour faire cela ?
C'est là à mon avis la limite de ce type d'ouvrage.
Citation : "Je vais vous dire ; j'aimerais accoster dans un pays qui ressemble au Huahine de mon grand-père. Chez vous, les poissons, ça peut pas se produire, ce qui nous est arrivé. C'est un peu comme si les mahi mahi, ou les chirurgiens, décidaient du jour au lendemain que vous avez mieux à faire qu'à nager toute la journée. Ils vous offriraient des richesses, des choses extraordinaires pour vous dissuader de vous promener, et, petit à petit, vous ne sauriez plus nager. Vous vous couperiez de vos ancêtres, vous deviendrez comme mes fils : des âmes mortes qui flottent entre deux mondes."




