Tout d'abord, il faut dire que le film est très efficace, donc si vous y aller uniquement pour frissonner, vous ne serez pas déçu !
Le hic, c'est que venant de ce réalisateur, on pouvait s'attendre à quelque chose de plus recherché.
C'est vrai qu'il avait placé la barre très haut avec Haute Tension et le remake de La colline à des yeux (je n'ai pas encore vu Furia), mais là on obtient un mélange entre d'un côté : un film d'horreur tout ce qu'il y a de plus classique, que cela soit pour le scénario ou pour les "effets qui font peur" (élévation du son, saut d'images...) ; de l'autre côté un film d'action à la sauce américaine avec cascades et compagnie (à la fin on se croirait presque dans un Die Hard !).
Bref, même si le film est efficace, je ne pense pas qu'il marquera l'histoire du cinéma d'horreur. Peut mieux faire Monsieur Aja ! Au suivant !
samedi 13 septembre 2008
Martyrs de Pascal Laugier : du gore qui ne fait pas rire !
Un film très intéressant et qui sort du lot : on ne retrouve pas les scénarios habituels des films d'horreur ou des films gore.
Attention, le film est extrêmement violent surtout dans sa deuxième partie (on est proche des "Guinea Pig" pour ceux qui connaissent). Je viens d'ailleurs de lire que le film a faillit être interdit au moins de 18 ans.
Si les films "gore" sont d'habitude plus amusants qu'autre chose, ici ce n'est pas le cas, vous en prendrez plein les yeux, mais au-delà de cette "violence gratuite" comme dirait certains, il y a aussi un vrai concept quant au rapport entre la mort et la souffrance extrême.
A quelques détails près, le scénario est très réaliste et on peut très bien concevoir que des choses semblables existent ou ont existé. Rien de fantastique ici, si ce n'est la folie humaine !
Puisque c'est possible, voici le vidéo officielle :
Attention, le film est extrêmement violent surtout dans sa deuxième partie (on est proche des "Guinea Pig" pour ceux qui connaissent). Je viens d'ailleurs de lire que le film a faillit être interdit au moins de 18 ans.
Si les films "gore" sont d'habitude plus amusants qu'autre chose, ici ce n'est pas le cas, vous en prendrez plein les yeux, mais au-delà de cette "violence gratuite" comme dirait certains, il y a aussi un vrai concept quant au rapport entre la mort et la souffrance extrême.
A quelques détails près, le scénario est très réaliste et on peut très bien concevoir que des choses semblables existent ou ont existé. Rien de fantastique ici, si ce n'est la folie humaine !
Puisque c'est possible, voici le vidéo officielle :
E.T.A. Hoffmann « Contes fantastiques » + « Contes Nocturnes ».
Je viens de découvrir l'oeuvre d'E.T.A. Hoffmann en lisant plusieurs de ces contes fantastiques.Je connaissais évidemment l'auteur de par sa renommée et il faut tout de suite dire que contrairement à sa réputation et la dénomination de « contes fantastiques » désignant ses textes, l'auteur est loin de se cantonner à ce style qui est même absent de plusieurs des récits que j'ai eu le plaisir de parcourir.
Si il faut vraiment le classer, c'est sans doute dans la catégorie « romantique » qui se manifeste notamment par un des éléments communs à tous ses textes : la présence d'une femme aimée qui est toujours idéalisée pour ne pas dire déifiée. D'autre part, ces personnages principaux (masculins) sont presque toujours des héros pétris des plus nobles sentiments, même lorsque qu'ils flirtent dangereusement avec la folie. Le preux chevalier est toujours prêt à donner sa vie pour défendre sa princesse, quand bien même il se trouve simultanément dans le rôle du « dragon » agresseur.
Malgré cette tendance romantique qui pourrait présager une psychologie des personnages un peu simpliste, c'est au contraire un des points forts de cet auteur de réussir à dépeindre toutes les contradictions et dilemmes de l'esprit humain, sans pour autant sombrer dans l'extrême inverse en donnant dans le voyeurisme et le côté « trash » de la littérature contemporaine. J'ai d'ailleurs constaté cette même qualité chez les principaux auteurs classiques du fantastique (Gogol, Maupassant, Gautier...) qui réussissent à dépeindre avec finesse et justesse les errements intérieurs de l'être humain. Ainsi peu importe que les personnages soient victimes de phénomènes fantastiques ou simplement de leur imagination, on frissonne quand même avec eux.
Voici quelques extraits de certains des contes que j'ai lu :
Extrait de « La femme vampire ».
« ... Le comte frissonna ; il se leva, mit son manteau, et suivit à pas de loup la comtesse. Elle était déjà loin, mais il faisait clair de lune, et il l'aperçut distinctement vêtue d'un négligé blanc. Aurélie traversa le parc et se dirigea du côté du cimetière, derrière la muraille duquel elle disparut. Hippolyte la suivit à la hâte, trouva la porte du cimetière ouverte, et entra.
Arrivé là; il vit à la clarté de la lune un épouvantable spectacle. De hideuses apparitions formaient un cercle immédiatement devant lui. C'étaient de vieilles femmes assises par terre, demi-nues et les cheveux flottants. Au milieu du cercle était le cadavre d'un homme qu'elles rongeaient avec une avidité de bêtes féroces.
Aurélie se trouvait parmi elles ! »
Extrait de « Ignace Denner ».
« ... Chacune de ses femmes lui avait donné un enfant sans que personne du dehors s'en doutât; car, une fois que l'enfant était âgé de neuf semaines ou de neuf mois, il était inhumainement immolé avec des préparatifs et des cérémonies étranges. On lui déchirait la poitrine, et on en tirait le coeur. Satan se montrait toujours à cette cruelle opération, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre, mais le plus souvent sous celle d'une chauve-souris à figure humaine. Ses larges ailes aidaient à souffler le brasier sur lequel Trabacchio préparait avec le sang du coeur de l'enfant ces gouttes précieuses si puissantes dans toutes les maladies.
Trabacchio s'était débarrassé de toutes ses femmes l'une après l'autre par des moyens secrets, et jamais l'oeil perçant des médecins n'avait pu découvrir sur leurs cadavres la moindre trace de mort violente. La dernière femme de Trabacchio, qui lui avait donné son fils encore vivant, était la seule qui eût péri de mort naturelle. »
Extrait de : « Bonheur au jeu (encore nommé : La Banque de Pharaon.)
Mais Angela se releva, s'avança vers le chevalier, le mesura d'un fier regard, et lui dit avec fermeté : « Chevalier, apprenez qu'il est quelque chose de plus élevé que la fortune et l'argent : les sentiments qui vous sont étrangers et qui nous donnent des consolations célestes. Ce sont ceux qui nous apprennent à repousser vos dons avec mépris ! Gardez le trésor auquel est attachée la malédiction qui vous poursuivra, joueur impitoyable !
Oui s'écria le chevalier, oui je veux être maudit, je veux descendre au fond des enfers, si cette main touche encore une carte ! Et, si vous me repoussez loin de vous, Angela, vous, vous seule aurez causé ma perte... Oh ! vous ne me comprenez pas... , vous me prenez pour un insensé... ; mais vous comprendrez tout, vous saurez tout, quand je viendrai me brûler la cervelle à vos pieds... Angela, c'est de la mort ou de la vie qu'il s'agit pour moi, Adieu ! »
A ces mots, le chevalier disparut. Vertua le pénétrait jusqu'au fond de l'âme ; il savait tout ce qui s'était passé en lui, et il chercha à persuader à Angela qu'il pourrait arriver des circonstances qui le forçassent à accepter le présent du chevalier. Angela frémissait de comprendre son père. Elle ne pensait pas qu'elle pût jamais voir le chevalier autrement qu'avec mépris. Mais ce qu'il était impossible de songer, ce qui semblait invraisemblable, arriva par la volonté du sort, qui a placé tous les contrastes au fond du coeur humain.
Extrait de : La cour d'Artus (encore nommé : Le Jeune Traugott).
Traugott conclut à peu près de ces paroles que vivre dans la vie, c'était n'avoir point de dettes, posséder beaucoup d'argent, bien boire, bien manger, se donner une jolie femme, des enfants bien sages, élégamment vêtus, bravement digérer, profondément dormir et surtout se garder des mauvais rêves. « Quelle misérable vie ! S'écria-t-il, lorsqu'il se trouva seul dans sa chambre.
Extrait de : Maître Martin (encore nommé : Le Tonnelier de Nuremberg.)
En travaillant au portrait de Rosa, mon coeur était redevenu calme ; j'avais satisfait en peintre une passion de peintre. Ce misérable état de tonnelier me semblait odieux, et, lorsque la vie réelle se trouve si proche, que je me vis à la veille de m'affubler d'un mariage et d'une maîtrise, je crus que j'allais entrer dans un cachot et me faire garrotter tout le reste de ma vie. Comment la vierge céleste que je porte en mon coeur peut-elle devenir ma femme ? Non ! Elle doit éternellement briller de la jeunesse, de la grâce et de la beauté que mon imagination lui a départies. Ah ! que mes désirs sont impatients ! Comment pourrais-je renoncer à mon art divin ? Bientôt je me baignerai de nouveau dans ton atmosphère embrasée, magnifique pays, patrie de tous les arts ! »
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