
Je viens d'enregistrer ce blog sous Licence Art Libre comme je l'ai fais depuis déjà plusieurs années pour d'autres de mes sites.
Comme je ne m'en suis jamais vraiment expliqué, je vais ici essayer de combler ce vide.
Dès que le problème s'est posé à moi, l'adoption de la « Copyleft Attitude » m'a parut évidente. Cela a été et reste pour moi une question de cohérence intellectuelle.
Je ne souhaite pas être de ceux qui dénonçant à juste titre certains projets de loi, oublient l'instant suivant d'appliquer ce principe à leurs propres créations intellectuelles.
Je n'ai rien contre le fait qu'Internet soit une vaste galerie commerciale (j'en ai même fait mon gagne pain !) mais je ne vois pas en quoi cela devrait nuire à son côté libre et ouvert, loin de tout Minitel 2.0.
Dans une ville, l'existence d'une librairie n'exclut pas celle d'une bibliothèque libre accès.
Pour moi il y a une analogie entre un auteur publiant son œuvre (quelque soit sa nature : code, photo, texte...) et une personne communicant un savoir par exemple un professeur lors d'un cours magistral.
Le « copyright » actuel appliqué à cette situation, reviendrait à interdire aux élèves participant au cours de prendre note de ce que le professeur tente de transmettre.
Idéalement, il faudrait même prévoir une solution de lavage de cerveau en fin de cours, histoire d'éviter toute diffusion plus large...
Dans les faits (et heureusement !), c'est évidement tout le contraire.
L'élève suivant un cours ou encore le participant à un séminaire est invité à s'approprier les informations que lui sont transmises pour ensuite lui-même les appliquer, les retransmettre, les adapter à de nouvelles situations... bref participer à une intelligence collective.
On pourrait craindre la déformation du message que l'on a essayé de transmettre qui pourrait même être complètement détourné de sons sens initial, faute d'avoir été compris ou même sciemment par malhonnêteté intellectuelle ?
Cela peut-être déjà le cas par exemple lorsque l'on utilise des citations pour illustrer son propose, parfois à contre-sens de l'auteur original. Cette pratique est pourtant communément tolérée par la loi.
Mais en aucune façon, l'auteur original ne peut être tenu comme responsable des utilisations postérieures qui sont faites de son œuvre.
Une création intellectuelle est comme un enfant, qui n'appartient pas à ses parents, mais vit sa vie, avec tout ce que cela peut sous-entendre comme « bonnes » ou « mauvaises » rencontres, chacune contribuant inévitablement à le faire évoluer. L'acte de « publication » constituant ici une sorte de sevrage.
Lorsque l'on créé quelque chose, on peut très bien choisir de le garder pour soi (ou même aller le cacher au fin fond d'une grotte à 2 semaines de marche de toute civilisation...) mais à partir du moment où a jugé pertinent de transmettre notre création (autrement dit de la « publier »), il faut ensuite assumer son choix. On a estimé qu'elle pouvait avoir un intérêt pour autrui, et on l'a donc donné en pâture au public.
Il y a vraiment quelque chose de « contre-nature » dans le droit d'auteur tel qu'il est actuellement perçu. Il semble autant aller de soi qu'un animal enfermé dans une cage...
Pour le principe de paternité, je ne suis pas contre les œuvres impersonnelles à la « wikipedia » dont les contributeurs sont complètement ignorés ou tout du moins peu mis en avant. Cela est même presque nécessaire pour une création telle qu'une encyclopédie, prétendant à une certaine objectivité.
Mais d'une manière générale, je trouve appréciable de connaître l'auteur d'une œuvre.
La connaissance de sa paternité nous permet de retourner à son origine, et donc peut-être de trouver d'autres créations « venant du même tonneau ».
Mais aussi dans un but de participation, cela peut être le moyen de communiquer et collaborer avec les auteurs précédents.
D'un point de vue économique, le système actuel est à peu près tout sauf équitable puisque basé sur le principe d'une rente à vie bénéficiant aux têtes d'affiche du moment.
Or, sans vouloir jouer au prophète, j'émets un doute quant à leur portée historique.
Et quant à établir l'importance d'une œuvre et donc le mérite supposé de ses auteurs, il y aurait matière à de longues discussions pour établir les critères qui seraient à utiliser.
En tous cas, le succès contemporain d'une œuvre ne me semble vraiment pas le plus pertinent... Difficile d'être visionnaire et populaire à la fois !




